
4200 €
120 x 120 cm
Peinture acrylique et aérosol sur toile
Et si un paysage ne se définissait pas par ce qu’il représente, mais par ce qu’il nous fait éprouver ?
Dans The Other Valley - Abstraction Concrète 345, Gaëlle Wagner explore la capacité de la couleur à faire émerger un paysage sans jamais le représenter. Une lumière jaune, presque solaire, occupe la partie supérieure de la toile. Elle se diffuse en une multitude de projections, traverse des nuances orangées, roses et violettes, puis cède progressivement la place à la profondeur des bleus et des indigos. De cette transition naît une impression d’espace, de mouvement et de vibration, comme si la lumière elle-même avait une matière.
La surface se construit par l’accumulation de fragments colorés. Chaque projection constitue un événement singulier ; leur densité compose, à distance, une image d’ensemble. Entre maîtrise de la composition et imprévisibilité du geste, la peinture fait coexister l’ordre et l’énergie, la précision et l’accident.
Le titre The Other Valley - Abstraction Concrète 345 ouvre un dialogue avec Joan Mitchell, et notamment avec sa série La Grande Vallée. Chez les deux artistes, le paysage s’affranchit de la représentation littérale pour devenir une expérience sensible, portée par la couleur, le geste et l’intensité de la matière. Il ne s’agit pas de décrire un lieu, mais d’en faire surgir une sensation. Cette résonance ne gomme pas les singularités : là où Mitchell développe une peinture gestuelle foisonnante, dans laquelle la couleur participe à l’évocation d’une nature vivante, Gaëlle Wagner élabore son propre langage à travers la projection, la granularité et l’accumulation de particules. La composition s’organise ici selon une dynamique verticale, tendue entre l’éclat du jaune solaire et la profondeur du bleu, dans un passage progressif de la lumière vers l’indigo.
Cette recherche s’inscrit dans la démarche que l’artiste nomme Abstraction Concrète. Chaque œuvre prend appui sur une structure construite à partir de fragments photographiques, progressivement transformée par les projections, les coulures et les superpositions de peinture. La nature n’est pas reproduite : ses principes de mouvement, de prolifération et d’interdépendance sont transposés dans la matière picturale. Les couleurs n’existent pas isolément ; elles se répondent, se traversent et se transforment mutuellement pour faire naître un espace autonome.
Avec The Other Valley - Abstraction Concrète 345, Gaëlle Wagner poursuit ainsi une exploration de la couleur comme expérience physique et émotionnelle. Le tableau oscille entre paysage et abstraction, entre lumière et profondeur, entre perception immédiate et découverte progressive. Une vallée possible, singulière, qui n’existe peut-être nulle part ailleurs que dans l’expérience de celui qui la regarde.
